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historique

Historique

« Et quasi cursores vitai lampada tradunt » Lucrèce, De rerum, II,79

« Et semblable au coureur, il se passe de main en main le flambeau de la vie… »

Ce bel aphorisme peut-il trouver meilleure illustration au moment où nous arrivons sur les réseaux sociaux et poursuivons l’aventure de nos fondatrices ?

C’est en 1846 à la demande de l’abbé Fayollat curé de Villeurbanne que la supérieure générale des Sœur de Corenc, détacha de la communauté de bourg d’Oisant deux jeunes religieuses mère sainte céleste et sœur Saint-Ange pour ouvrir une école dans le milieu villeurbannais assez livré à lui-même face à Lyon et formé essentiellement d’une population ouvrière.

Sœur Saint-Ange préoccupée, s’en alla alors trouver le serviteur de Dieu, le fameux curé d’Ars et lui exposa son souci et les invitations des supérieures : devait on aller de l’avant ? Fallait-il construire ?

« Il fallait bâtir et bâtir grand car vous serez plus tard obligées de bâtir encore. Vous verrez que dans quelques années des voitures sans chevaux passeront devant votre porte… « Bâtissez mais bâtissez grand « répéta-t-il plusieurs fois.

Les constructions commencèrent en 1850 d’après les plans de mère Céleste.

La construction fut prête à recevoir des enfants dès 1854, année de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.

En 1870 éclata la guerre. La rentrée ne se fit pas. Les objets précieux, statues et autres furent cachés quand les caves et les murs.

A l’exemple de la commune de Paris, les couvents et les écoles catholiques étaient les premiers visés et soumis à des perquisitions ou plus exactement des pillages. Mais c’était sans compter sur la personnalité et la foi de nos sœurs.

Par la suite, sous l’habile direction de mère Saint Théotiste, la maison connue une grande prospérité.

Les plans du début avaient été jugés trop grandioses mais déjà on se trouvait à l’étroit.

C’est à cette époque que l’on fit construire la voûte. En 1890, la construction de la chapelle commença pour se terminer en 1895. Quant à la grande statue de l’immaculée conception qui domine l’hôtel, elle avait été prévue pour la basilique de Fourvière. Ce qui noue aujourd’hui encore un lien plus que singulier avec la basilique.

Les années de 1890 à 1902 furent marquées pour le pensionnat par une période de prospérité.

Mais le ciel s’assombrit et l’activisme d’Aristide Briand alors député de la 3eme république conduit à la promulgation de la loi du 9 décembre 1905, dite « loi de la séparation de l’Eglise et de l’état ».

Des actions contre les couvents s’accentuèrent et les expulsions des religieux et religieuses se confirmèrent. L’Immaculée Conception obtint cependant un sursis jusqu’en 1907 année de l’exclusion définitive. Les équilibres et le calme retrouvés en 1909, trois sœurs revinrent et firent repartir le pensionnat jusqu’en 1914. Durant la guerre, une grande partie des locaux fut transformée en ambulance (Hôpital de guerre). Sous la direction du docteur Bertoye. En 1917 arrivèrent des contingents de réfugiés du Nord hébergés jusqu’en 1919.

En 1930, c’est au tour de la ville de rogner une nouvelle partie du clos pour élargir et créer un marché de légumes (ne sera plus au 1er janvier 2023, une page tournera)

Au cours des vacances de l’année 1939-1940, d’angoissants bruits de guerre vinrent troubler l’établissement. Aux occupations habituelles s’ajoutèrent un exercice nouveau : les alertes aux bombardements.

Paris entre le 16 et le 17 juillet 1942 , curieuse incise. Que vient faire Paris à Villeurbanne ? Une jeune fille(A BUISSON) alors âgée de 8 ans échappe à la rafle du Vel d’hiv et fuit Paris. Après un périple long et risqué, cette jeune fille est recueillie et cachée à l’IMMAC pour éviter une déportation..

Puis vint le 1er mars 43 ; évènement majeur pour notre ville : 7h du matin, de violents coups de sonnette mettent la maison en émoi : une cinquantaine de soldats allemands casqués et armés s’installèrent dans la cour nord. Malgré objections et protestations, ils disposèrent leurs soldats et leurs mitraillettes à toutes les ouvertures.

Vers le soir par petit groupe des prisonniers furent conduits sous bonne escorte jusqu’à la gare. Et le triste cortège malgré les vaines tentatives de parents ou d’amis fût embarqué presque au complet vers les camps de travail. En 1944, année de la libération de nombreux bombardements vinrent assombrir la fin des vacances.

En juin, se répandit enfin la nouvelle des premiers débarquements alliés mais le 24 août une violente canonnade tentait d’anéantir le pensionnat.

Une pièce d’artillerie visa la mairie de Villeurbanne en face (La poste aujourd’hui) mais ne toucha pas l’Institution.

En décembre 1959, la Loi DEBRE fut promulguée (créé le contrat d’association). L’état prendra désormais à sa charge pour ce dernier le traitement des enseignants et une partie des frais de fonctionnement. Cette loi perdure encore aujourd’hui et permet la liberté de choix des familles dans notre pays.

Bientôt 115 ans d’existence et le pensionnat est toujours là : il compte à cette époque 420 élèves dont 95 pensionnaires et 115 demi-pensionnaires répartis dans 12 classes de l’école au lycée.

En 1994, la construction d’un 2nd bâtiment fut entreprise pour l’école cette fois-ci En 1975 le pensionnat compte 960 élèves. Ce dernier sera finalement totalement supprimé en 1980.

Arrive 1982 avec une année d’incertitude pour l’enseignement libre catholique. Face à un gouvernement qui prône l’intégration et la mise en place d’un grand

service public laïc, la communauté toute entière se mobilisa pour que l’école continue à vivre.

Pendant toutes ces années, l’Immaculée conception fut dirigée et animée par les sœurs de la providence de Corenc (rattachées aux sœurs du Christ) ; l’année scolaire 1986 verra la dernière année avec une religieuse à la tête de cet établissement. La passation de la direction fut confiée à Monsieur Poncet. Puis enfin 1996 fêtera le 150e anniversaire de l’établissement : 150 ans au service d’une œuvre qui perdure et se poursuit jusqu’à nos jours auprès des jeunes et des enfants et au sein de notre communauté éducative.

Aujourd’hui, l’établissement compte près de 3000 élèves et 250 adultes, répartis-en 3 écoles, deux collèges et un lycée. Après l’intégration de l’école Sainte Thérèse en 2011 et de l’Institution Jeanne d’arc à Décines en 2015. D’autres projets sont en cours et nous continuons de bâtir pour grandir et réussir ensemble dans un monde sans cesse en mouvement et où la quête de sens est devenue fondamentale…

Et la vie continue…

« Et semblable au coureur, il se passe de main en main le flambeau de la vie… »